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Programmes de culture5 min de lecture

Chute des chérelles du cacaoyer : comprendre et limiter les pertes

Un cacaoyer produit des milliers de fleurs et ne garde qu'une poignée de cabosses. Une partie de cette perte est naturelle. Une autre partie, non — et celle-là se corrige.

L'équipe USACAM · 10 août 2026

Tout planteur de cacao connaît le phénomène : l'arbre se couvre de fleurs, de jeunes cabosses se forment, puis noircissent et se dessèchent sur le tronc. C'est ce qu'on appelle la chute des chérelles, ou *cherelle wilt*.

La part inévitable et la part évitable

Une partie de cette chute est physiologique. L'arbre produit beaucoup plus de fleurs qu'il ne peut nourrir de cabosses, et il ajuste naturellement sa charge. C'est normal et il ne faut pas chercher à l'empêcher totalement.

Mais au-delà d'un certain seuil, la chute traduit autre chose : un déséquilibre nutritionnel, un stress hydrique ou une pression sanitaire. Et cette part-là se travaille.

Trois leviers concrets

1. Sécuriser la pollinisation

Une fleur mal pollinisée donne une chérelle qui ne tiendra pas. Le bore et le molybdène interviennent directement dans la formation du pollen et dans la viabilité de la fleur. En cas de fertilisation déséquilibrée ou de conditions climatiques difficiles, la production de pollen chute — et avec elle le taux de nouaison.

Une application de bore et de molybdène en début de floraison est l'intervention qui a, dans notre expérience, le meilleur retour sur investissement en cacaoculture.

2. Nourrir la charge après la nouaison

Une fois les cabosses formées, l'arbre doit pouvoir les alimenter. Deux à trois applications foliaires après trois semaines de floraison réduisent nettement l'abandon des jeunes cabosses.

Les acides aminés et les extraits d'algues aident particulièrement l'arbre à passer cette période, surtout après une forte récolte précédente qui l'a épuisé.

3. Ne pas laisser la pression fongique s'installer

La pourriture brune est l'autre grande cause de perte. Le cuivre reste la base de la protection, mais deux points sont souvent négligés :

Traitez en préventif, dès l'installation des pluies continues, avant l'apparition des symptômes. Une fois la pourriture visible, vous ne faites plus que limiter la casse.

Ajoutez un adjuvant mouillant. La feuille de cacaoyer est cireuse : sans adjuvant, une grande partie de la bouillie ruisselle au sol. Vous payez le produit, mais l'arbre n'en reçoit qu'une fraction. Un adjuvant coûte quelques francs et peut doubler l'efficacité réelle du traitement.

Le calendrier en résumé

PériodeIntervention
Début de floraisonBore + molybdène pour la pollinisation
3 semaines après floraison2 à 3 applications pour retenir les chérelles
Installation des pluiesCuivre préventif + adjuvant
Grossissement des cabossesPotassium et zinc pour le calibre et la coloration

Vous observez une chute anormale dans votre plantation ? Décrivez-nous ce que vous voyez, nous vous aiderons à identifier la cause.

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